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Filière Café-Cacao: Les acteurs appellent le Gouvernement ivoirien au secours

écrit par "Admin M.B"
il y a 1 mois
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Les producteurs de cacao ne profitent pas pleinement des retombées de leur dur labeur. PH: DR [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir]

Les difficultés de la filière café-cacao sont bien réelles en Côte d'Ivoire. Profitant de la Journée Internationale des Coopératives, l’Institut africain de développement Social (Inades-Formation), les Organisations de la Société Civile (OSC) et les Organisations des Producteurs (ODP) engagées dans le dialogue politique dans la filière Cacao ont décidé de faire entendre leurs voix auprès de l’Etat ivoirien. Dans un plaidoyer, mercredi, au siège de Inades-Formation, ils ont attiré l'attention du Ministère de l’Agriculture et le Conseil Cacao-Café sur ce qu'ils considèrent comme le parent pauvre de la filière.

Pour eux, l'assainissement du secteur passe par six (06) points importants notamment le fait de mettre les petits producteurs au centre du débat -les prix bord champs sont passés de 1100 Fcfa/Kg à 825 Fcfa/Kg en moins de 10 ans-, les producteurs de cacao ne sont pas véritablement associés aux mécanismes de fixation de prix et la part qui leur revient dans l’économie cacaoyère reste très faible. «Les agriculteurs des pays producteurs ne reçoivent que 2% de l’économie cacaoyère mondiale sur 100 milliards de dollars américains générés», indiquent les conférenciers. Avant d'ajouter: ''le  mode de désignation des représentants des producteurs au sein du Conseil Cacao-Café pose problème, le choix devrait se faire par appel à candidatures''.

Ils ont proposé que le système de commercialisation interne soit repensé. En effet, insistent-ils, il faudrait  un  système d’approvisionnement bien élaboré qui renforce le rôle des sociétés coopératives dans l’achat et l’approvisionnement des exportateurs et industriels en fèves de cacao. Selon eux, la situation actuelle de la filière n’est  pas  de  nature  à  favoriser  le  bon fonctionnement  des  sociétés  coopératives  et  leur  progression  vers  une  autonomie réelle. Elle entraine plutôt une concurrence déloyale des acheteurs et intermédiaires face aux sociétés  coopératives. 

Poursuivant, ils ont relevé la nécessité de disposer de données statistiques fiables sur les producteurs, les exploitations et les sociétés coopératives de la filière. En outre, disent-ils, la multitude de sociétés coopératives tend à fragiliser les efforts d’amélioration des  conditions  de  vie  des  producteurs  et  la  crédibilité  de  certaines sociétés coopératives. A les en croire, une ré-catégorisation des sociétés coopératives permettra de les rendre plus fortes et permettra de mieux renforcer leurs capacités en plaidoyer. Ces acteurs proposent, par ailleurs, l'organisation d'un  atelier de réflexion nationale qui regroupera la  société  civile  et  les producteurs  de  cacao autour des  conclusions du  rapport  NORC  de  l’Université  de Chicago sur le travail des enfants. Une pratique qui a augmenté de 14 et 25% respectivement dans  les  strates moyenne  et  faible  alors  qu’une  augmentation  marginale  a  été observée dans la strate de production élevée (de 4%). Cet atelier, soutiennent-ils, permettra de réorienter de manière efficace les programmes de lutte contre le travail des enfants.

Au nombre des recommandations figure également en bonne place la prise en compte des propositions de la Société Civile et des organisations de Producteurs de cacao dans les négociations et discussions de haut niveau sur la durabilité de la filière cacao. Il  s’agit  en  l’occurrence  de  garantir  la  prise  en  compte  des  intérêts  des producteurs qui, très souvent, sont marginalisés dans les travaux du Groupe de travail pour l’harmonisation du système de commercialisation en Côte d’Ivoire et au Ghana.

Ils n'ont pas manqué d'identifier les difficultés auxquelles sont confrontées les sociétés  coopératives et les producteurs sur le terrain. Ce sont entre autres: la mauvaise gouvernance des sociétés coopératives, l’insécurité infantile et le travail des enfants, la gestion non participative des ressources naturelles, la non sécurisation foncières des terres cultivables, le besoin de renforcement des capacités, l’accès au financement limité, la faible marge commerciale des sociétés coopératives, le faible prix rémunérateur des producteurs de cacao, l’insécurité dans les transactions financières, la concurrence déloyale des acheteurs et intermédiaires, la faible inclusion sociale dans les communautés cacaoyères et  l’importance de la certification pour les producteurs.

"Il est important que le petit producteur retrouve sa réelle place au sein de la filière Cacao et qu’il  puisse vivre décemment des revenus de son travail'', ont-ils plaidé. Vivement que le Gouvernement ivoirien ouvre un réel dialogue avec tous les acteurs qui font de la Côte d’Ivoire le 1erproducteur mondial de Cacao!

 

Juliette Abwa



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