Aboubacar Karim (DG Investiv) : «Les jeunes doivent être des acteurs clés du progrès agricole».

23/08/2017
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Aboubacar Karim (DG Investiv) : «Les jeunes doivent être des acteurs clés du progrès agricole»
A 21 ans, Aboubacar Karim est Directeur Général d’une Start-Up qui excelle dans le domaine du Service-Conseil Agricole. Dans cet entretien, il explique comment les jeunes peuvent mettre la technologie au service du monde agricole.

En Côte d’Ivoire, les autorités ont décidé de rendre les métiers agricoles plus attractifs de sorte à intéresser la jeunesse. Comment pensez-vous qu'il est possible de relever ce défi?

La valorisation du secteur de l’agriculture est un élément clé pour amener la jeunesse à s’intéresser au monde agricole. Aujourd’hui, il faut montrer à ces jeunes que les métiers agricoles peuvent être une solution de choix pour envisager leur futur. Il faut encadrer les jeunes qui décident de se lancer dans cette aventure de manière à ce que leurs activités soient pérennes.

 

Quel  peut être, selon vous, l'apport de la technologie dans le progrès agricole en Afrique en général et en Côte d'Ivoire en particulier? Quel rôle les jeunes peuvent jouer dans cette transformation ?

 

La technologie aura un rôle important dans les années à venir en ce qui concerne l’agriculture. Dans le futur, il sera question de produire de manière plus « intelligente » ; c’est-à-dire, qu’il faudra que les ressources soit utilisées de la manière la plus efficace possible. Selon Alcimed, une société française de conseils, le marché de l’agriculture de précision sera estimé à plus de 3,7 milliards d’euros en 2018. Ce type d’agriculture qui utilise la technologie de manière à optimiser la production sera certainement en vogue en Afrique et en Côte d’Ivoire dans les années à venir. Les jeunes peuvent d’ores et déjà être sûrs que l’agriculture de demain sera très différente de celle d’aujourd’hui. Cela dit, ils doivent se spécialiser dans les nouveaux métiers de l’agriculture de manière à être des acteurs clés du progrès agricole.

 

Des Start-up comme la vôtre entendent apporter leur contribution notamment dans l'innovation technologique. Qu'est-ce qui fait votre particularité ?

 

Investiv s’occupe de la gestion des exploitations agricoles, du diagnostique phytosanitaire effectué par drone, de la simulation et de la prévision de récoltes, en utilisant une approche basée sur les nouvelles technologies. Nous permettons aux producteurs agricoles d’être plus précis dans leur prise de décisions et de suivre leur projet agricole même à distance via notre site web. Nous utilisons des drones pour diagnostiquer les plantations et connaître exactement les superficies des terrains, les besoins en eau et en engrais. Plusieurs agriculteurs ont déjà utilisé nos services et sont très satisfaits de nos prestations. Nous rêvons de faire de la Côte d’Ivoire un pays où l’agriculture ne dépend plus du climat grâce à l’agriculture de précision.

 

La Côte d'Ivoire forme des ingénieurs agronomes mais ces derniers se retrouvent au chômage. Pour vous qui avez fait vos études à l'étranger (Canada), quels conseils donneriez-vous à ces jeunes afin de s'installer à leur propre compte?

 

Le défi agricole en Côte d’Ivoire est immense, surtout quand nous savons que les producteurs se tournent de plus en plus vers les cultures maraichères. Je pense sincèrement qu’il y’a de la place pour tout un chacun et j’encourage tous ceux qui le souhaitent, à s’installer à leur propre compte. Nous avons la chance d’être dans un pays ou le climat est favorable à  beaucoup de cultures et il faut en profiter. Aujourd’hui, avec la technologie « hors-sol », on peut même se lancer dans des cultures qui sont rares ici, comme la fraise ou la cerise par exemple.

 

Réalisé par Ben Ayoub